Le groupe Velux investit 21 millions d’euros dans son usine picarde

, par Michel DECAYEUX

le 26 mars 2013 Usine nouvelle

Le groupe danois, inventeur de la fenêtre de toit, investit dans un modèle nouvelle génération. Il a injecté 21 millions d’euros dans son usine de Feuquières en Vimeu (Somme). Le groupe veut être prêt lorsque le marché du bâtiment redécollera.

Le groupe danois Velux vient d’investir 200 millions d’euros dans une fenêtre de toit "nouvelle génération", dont 27 millions en France où il exploite quatre usines, et 21 millions dans les lignes de production et de montage de son usine de Feuquières en Vimeu (Somme). Cette usine de 380 salariés (dont 330 opérateurs), produit des fenêtres de toit ainsi que les raccordements d’étanchéité qui se fixent sur la toiture.

Le groupe Velux a investi dans chacun des "métiers" de l’usine : 5 millions d’euros dans la menuiserie industrielle, 5 millions dans le montage de fenêtres, 4 millions dans l’aluminium, 1 million dans le double vitrage. Il a injecté 6 millions d’euros dans une nouvelle plateforme de logistique distribution de 9 200 mètres carrés opérationnelle depuis février 2013.

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Renaud Grasset, directeur de l’usine de Feuquières en Vimeu et président de VKR France, résume l’un des enjeux industriels de cet investissement pour le site picard : "La nouvelle gamme de produits comprend plus d’opérations de montage, ce qui nous a amenés à une refonte complète des flux de l’entreprise. Nous avons parallèlement modernisé les conditions de travail et réduit la consommation énergétique de nos process."

Le directeur donne l’exemple des machines bois protégées par des cabines d’insonorisation qui réduisent le niveau sonore ambiant. Il donne aussi l’exemple d’un nouveau système d’aspiration des copeaux de bois représentant une économie d’énergie de 65 %.

La refonte de l’usine a eu des conséquences sur le plan humain. "30 % des opérateurs de l’usine ont changé d’activité", précise le directeur, "et 40 % du personnel a bénéficié d’une formation."

L’inventeur de la fenêtre de toit annonce avoir déposé 18 nouveaux brevets pour cette nouvelle fenêtre qui résulte de cinq années de R&D. "La fenêtre nouvelle génération concilie le confort, par l’atténuation du bruit de la pluie par exemple, et le respect des dernières réglementations thermiques" explique le groupe Velux/VKR.

Une politique d’investissement dans les dix ans à venir

Si le contexte économique n’est globalement pas porteur pour le secteur du bâtiment, le groupe Velux précise que même si l’on est loin de l’année record de 2007, sa gamme de fenêtres bois "se porte bien en France". Le marché de la construction neuve est en panne, explique Renaud Grasset, mais ce n’est pas le cas du remplacement et de la rénovation. A écouter le dirigeant, le groupe Velux a toujours eu dans son "ADN" le souci de se projeter dans l’avenir. "Notre politique d’investissement et d’innovation s’inscrit dans les dix années à venir, confie Renaud Grasset. Nous voulons être prêts quand le marché du bâtiment redécollera. Cette stratégie est possible car nous ne sommes pas cotés en Bourse. Nous pouvons nous permettre de raisonner au-delà d’un an ou deux."

Le groupe Velux appartient à la société VKR Holding, intégralement détenue par des fondations d’utilité publique et par la famille du fondateur, Villum Kann Ramussen, l’inventeur de la fenêtre de toit. Le groupe VKR réalise un chiffre d’affaires global de 2,3 milliards d’euros avec 10 000 salariés. Les activités de Velux constituent l’essentiel du chiffre d’affaires et de l’effectif de VKR, mais ce dernier ne communique pas de chiffres par activité ou par pays.

Velux France (groupe VKR) emploie, pour sa part, 900 salariés. Il a pour clients les réseaux de distribution, les grossistes et les installateurs.