Quatorze employés d’Aisne Iso toujours sans salaire

, par Michel DECAYEUX

le jeudi 14 mars 2013 L’Union

BRUYERES-ET-MONTBERAULT (Aisne). Trois semaines après la passation de pouvoir entre Frédéric Cuperlier, créateur d’Aisne Iso, à Bruyères-et-Montbérault et le nouveau gérant de l’entreprise, Alexandre Migrenne, les quatorze employés de la société d’isolation n’ont toujours pas reçu leur salaire de mars, contrairement aux engagements pris par le repreneur.

La situation pour les plaquistes et manœuvres de cette société aux couleurs du département (*) devient inextricable. « Malgré ses promesses, nous n’avons toujours pas rencontré le nouveau gérant sur le site. Quant à notre ancien patron, il sourit lorsqu’il nous croise », témoignent les salariés.

Les véhicules sont immobilisés. Les cartes d’approvisionnement en carburant sont toujours bloquées et les chantiers en cours, par exemple à la CAF de Laon, sont gelés.

La crise semble provoquée par un conflit entre l’ancien gérant et le nouveau. Leurs avocats respectifs, Me Cambier et Me Moreau, tentent de faire valoir les intérêts de leur client, l’un estimant avoir cédé son entreprise dans des conditions normales, tandis que l’autre demande l’annulation de sa nomination, avec effet rétroactif. Au centre, les salariés sont ballottés.

Une discussion avec la CFDT a finalement échoué, faute d’adhérents parmi les effectifs d’Aisne Iso. « Nous avons pris contact avec le conseil des prud’hommes mais on nous a bien expliqué qu’à ce niveau, rien ne pouvait être fait d’efficace », indique Alain Dejante.

Le conseiller général de Laon-Sud, Thierry Delerot, a alerté le cabinet du président Daudigny, de même que ses collègues Karimet et Lebée. La dimension sociale de chaque cas pourrait ainsi être examinée. Mais au préalable, l’Etat doit se saisir du dossier, indique-t-on au conseil général.

C’est ce qui semble avoir été fait, si l’on s’en tient aux propos du chef de cabinet du préfet, Grégory Canal. « La direction du travail a reçu les salariés à trois reprises, la semaine dernière et une fois encore cette semaine, indique le haut fonctionnaire. Nous nous sommes également rapprochés du procureur qui, lui-même, a contacté le tribunal de commerce. »

Les salariés de la PME n’ont pas souvenir de rencontres approfondies avec la direction du travail et de l’emploi. « On nous a donné quelques conseils et demandé de remplir des formulaires », indique l’un d’eux.

De l’issue de l’imbroglio juridique, qui oppose l’ancien et le nouveau gérant, dépend désormais le sort des quatorze salariés d’Aisne Iso.