Chauny:Les Nexans créent un collectif amiante

, par Michel DECAYEUX

le vendredi 01 mars 2013 L’Aisne nouvelle

Les Nexans veulent faire reconnaître le site industriel de Chauny « amianté ». Ils vont constituer un collectif afin de faire valoir leurs droits.

Le président de l’ARDEVA (Association régionale de défense des victimes de l’amiante) Picardie est revenu, salle Bettine-Ternynck, présenter son association et parler de la reconnaissance des victimes de l’amiante par les différents tribunaux et l’Etat français.

Marcel Lagant a bien rappelé qu’un collectif n’était pas reconnu par le droit français, que les victimes de l’amiante (maladie déclarée) voulant faire reconnaître leur préjudice et surtout plaider « la faute inexcusable de leur patron » étaient toutes des cas particuliers, chaque dossier « étant instruit individuellement ». Par contre, une association comme l’ARDEVA, regroupant entre 25 et 30 000 malades « pèse énormément, c’est elle qui est à l’initiative du fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA), elle travaille avec deux cabinets d’avocats qui se font payer sur le résultat obtenu » et elle dispose bien entendu de moyens logistiques. Le président et son collègue

Christian Deswartes, un ancien d’Arkema, ont insisté sur le travail de reconnaissance du site Nexans Chauny comme usine amiantée (au fichier national), même a posteriori et surtout avant que celle-ci ne soit entièrement démantelée, et sur l’importance de regrouper les témoignages et attestations, certificats d’exposition, etc : « Retrouvez des anciens, faites une photocopie de leur carte d’identité, témoignant de l’utilisation de l’amiante, dans quels matériaux, dans quelles conditions, les matériels de protection utilisés, si possible des photos des ateliers, de la production, des plans, etc. Les

témoignages des uns pour les autres ont un intérêt, même si l’avocat de la partie adverse vous dit que non. Les juges ont besoin de preuve, même si vous avez déclaré la maladie… » Ils ont précisé que les préjudices d’anxiété et la faute inexcusable (pour les malades) pouvaient être tous les deux opposables et que les « pseudo-primes que certains ont pu toucher n’avaient aucune valeur juridique. »

Se battre contre la maladie Patrick Chédeville, 51-ans, a développé la maladie en avril 2012, il était suivi par les médecins suite à son certificat d’exposition. Le dernier scanner - « que je passe tous les deux ans » - a détecté des plaques pleurales, le pneumologue du centre hospitalier de Chauny, « qui a l’habitude de ce genre de cas apparemment » a constitué un dossier de demande en maladie professionnelle auprès de la CRAM.-« Je viens de recevoir la réponse de prise en charge de la maladie, je suis donc obligé de démissionner de mon nouvel emploi, que j’avais retrouvé à Ham, pour faire valoir mon incapacité au travail et je serai payé à environ 80 % de mon ancien salaire de Nexans, jusqu’à ma retraite à l’âge de 58 ans… Je compte bien plaider la faute inexcusable et le préjudice d’anxiété car ma maladie évolue » confie Patrick. Il a travaillé à la Coulée continue de 89 à 2010 comme : agent de production, au laminoir, à la fusion, à la coulée, et, a fini technicien polyvalent.