MONTATAIRE (60) Punch Metals lâche les ex-Still

, par Michel DECAYEUX

Le courrier Picard Dimanche 03 Mars 2013

Le repreneur belge a annoncé qu’il ne gardait pas les ex-salariés de Still encore en période d’essai. Il se trouve en panne de projets pour le site.

Si ce n’est pas jeter l’éponge, ça y ressemble. Les salariés de Still ont d’abord dû encaisser la fermeture de leur usine de production de chariots élévateurs, à Montataire, dans l’Oise, en 2011.

L’été dernier, le site était repris par Punch Metals International (PMI) pour un euro symbolique. Joint hier au téléphone, le porte-parole du groupe, Marc Maes, a annoncé que PMI ne relancerait aucune activité.

« Dans l’immédiat, l’entreprise va rester vide et inutilisée, assène-t-il. C’est impossible d’imaginer des projets. »

255 salariés laissés sur le carreau Le groupe belge avait pourtant amorcé des embauches parmi les 255salariés Still laissés sur le carreau (185CDI, 70intérimaires). Et promis que d’autres suivraient encore.

Jeudi, deux machines, qui servaient à l’apprentissage des ouvriers, ont été enlevées. Déjà un mauvais signe. Vendredi, PMI faisait savoir qu’il mettait fin aux contrats de 58ex-salariés de Still.

Ces derniers sont encore en période d’essai, après avoir signé leurs contrats en janvier. Restés deux mois sans réel travail au cours de cette période d’essai, ils peuvent reprendre leur congé de formation.

Sept emplois devaient être maintenus pour lancer un nouveau projet. Hier, Marc Maes confiait que ces sept derniers salariés ne seraient même pas gardés au bout du compte.

« Après vérification, ce n’est pas possible de remplacer le plan original par une autre idée. » PMI imaginait ainsi « un centre incubateur pour les entreprises innovantes ». Que compte faire maintenant le PDG, Guido Dumarey, du site ? « On ne sait pas encore », répond évasivement Marc Maes.

Selon Jean-Marc Coache, membre du Comité d’établissement Still, « cela change tous les deux jours ; il y a tellement peu d’actes concrets ». Et de poursuivre : « Jusqu’au bout, on se bagarrera pour qu’il y ait une vie, une solution industrielle sur ce site. »

« Dumarey garde plusieurs fers au feu : General Motors à Strasbourg, l’usine Juy à Crépy, le site de Still à Montataire, s’indigne Alain Blanchard, conseiller général Front de gauche du canton de Montataire. Il va au gré des aides publiques qu’il obtient.C’est terrible de manipuler les salariés comme ça. » L’élu a le sentiment que la priorité du Belge va à General Motors, racheté pour un euro symbolique en janvier.

Une table ronde est prévue en sous-préfecture de Senlis, mardi. L’occasion peut-être d’obtenir enfin des réponses précises sur les intentions de PMI et de son PDG surnommé « le Bernard Tapie belge ».