MEAULTE (80) Pas de nuages dans le ciel d’Aerolia

, par Michel DECAYEUX

Mardi 05 Février 2013 Le courrier Picard

Dans un contexte industriel morose en Picardie, l’avenir d’Aerolia Méaulte s’annonce radieux, avec cent embauches en 2012 et un carnet de commandes bien rempli.

Elle a quelque chose d’insolent la bonne santé économique d’Aerolia. À l’heure où l’industrie peine, le géant aéronautique présente un carnet de commandes rempli pour les sept à huit années à venir.

C’est donc un homme heureux qui a officiellement pris les rennes du site de Méaulte (Somme), spécialisé dans les pointes-avants, le 1er février. « Comme j’ai l’habitude de le dire depuis que je suis arrivé, on gère des problèmes de riches et c’est bien, c’est agréable de gérer la croissance et pas de gérer la décroissance. »

Pour autant, Manuel Cournot, 44ans, a des défis à relever. « Les concurrents ne sont pas loin », glisse dans un sourire son prédécesseur. « Trois A320 par jour, trois A330 par semaine, trois A380 par mois, tout ça c’est beaucoup d’avions à sortir », chiffre Manuel Cournot.

Si le nouveau directeur doit s’habituer aux sigles, qui font partie du langage dans la maison, il n’est pas en terre inconnue. Sa précédente mission l’a conduit à Sonaca, Société nationale de construction aérospatiale, en Belgique.

« Nos sous-traitants ne doivent pas être dépendants » L’homme va également devoir mettre en place le nouveau programme pour Bombardier. C’est tout un symbole puisqu’en décrochant ce client en mai 2011, Aerolia trouvait enfin un second partenaire, après Airbus.

« D’ici la fin de l’année, on doit sortir un beau morceau de fuselage de 14 mètres de long et trois de diamètre. C’est le Global 7000-8000, un avion d’affaires, assez luxueux. C’est un nouveau client. C’est comme un nouveau mariage, il faut apprendre à se connaître. »

Et les clients canadiens sont plutôt du genre méticuleux... En fait, Aerolia va lancer le produit, cette année et la suivante, puis une usine, construite près de Montréal, se chargera du Global 7000-8000.

Pour trouver de nouvelles recrues, l’entreprise peut compter sur le lycée Potez, situé dans ses murs. « Elle nous fournit du monde et on y tient parce que c’est une valeur de référence », ajoute le directeur.

Prochainement, l’établissement scolaire sera intégré à la zone en construction entre Aerolia et l’aéroport Albert Picardie. Ce dernier accueille le Beluga - l’avion chargé de transporter les pointes-avants - mais aussi une liaison régulière ouverte à tous vers Toulouse depuis le mois dernier.

Un autre facteur de développement, en partenariat avec les collectivités locales : la zone du Coquelicot en construction. Elle hébergera de nombreux sous-traitants.

Mais, comme son prédécesseur, Manuel Cournot tient à ce que ces entreprises n’aient pas comme unique client Aerolia. « Nos partenaires en sous-traitance s’installent sous la zone, développent des bâtiments, de façon à travailler avec nous bien entendu mais pas qu’avec nous, parce il ne faut pas qu’ils soient dépendant. On sait que le monde de l’aéronautique c’est un monde cyclique, avec des hauts et des bas. Donc on ne veut pas entraîner tout le monde dans une chute si jamais ça nous arrivait un jour », explique le nouveau dirigeant.