Les fonctionnaires ont-il perdu leur pari face au gouvernement ?

, par Michel DECAYEUX

le 31/01/2013 L’expansion

Trois syndicats, la CGT, la FSU et Solidaires (40% des voix des agents), avaient appelé les 5,2 millions de fonctionnaires à cesser le travail et convoqué quelque 120 rassemblements et manifestations toute la France. Les fonctionnaires étaient dans la rue ce jeudi pour réclamer à François Hollande un geste sur l’emploi et les rémunérations. Mais la mobilisation n’était pas vraiment au rendez-vous. Or face à eux, le discours reste inflexible : il n’y a pas de marge de manœuvre budgétaire. Leurs deux principales revendications : augmenter les salaires et stopper les suppressions de postes. Mais le résultat de la mobilisation s’avère très limité : le taux de gréviste dans la fonction publique d’Etat n’aurait ainsi atteint que 6,6% , selon le gouvernement. Un pari perdu ? L’objectif de cette journée de grève était clairement de mettre la pression sur le gouvernement, le 7 févier prochain, des discussions salariales triennales. La CGT, FSU et Solidaires, réclament une revalorisation du point d’indice. Ce point, qui sert de base au calcul pour l’ensemble de la grille des salaires de la fonction publique, est gelé depuis 2011, après une maigre revalorisation en 2010 (+0,5%)

La ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu a d’ores et déjà laissé entendre qu’une revalorisation des salaires n’était pas d’actualité, en raison des "contraintes budgétaires" qui pèsent sur le gouvernement cette année. Le gouvernement prévoit de maintenir quasiment stable la masse salariale de l’Etat d’ici à 2015 - 80,6 milliards d’euros en 2013 -. Or une hausse de 1% du point d’indice augmente de 800 millions d’euros cette masse salariale et de 1,8 milliard celle des administrations publiques, selon la Cour des comptes. L’autre revendication des fonctionnaires c’est l’arrêt des suppressions de postes. "Aujourd’hui, dans certains ministères, on supprime plus de postes qu’on en supprimais sous Sarkozy", déplore un délégué. Officiellement, la RGPP (révision générale des politiques publiques) de Nicolas Sarkozy, dont la mesure phare était le non remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, est morte. Elle est remplacée par la MAP (modernisation de l’action publique). Si la méthode diffère, l’objectif reste le même : dépenser mieux et surtout moins Nouvel observateur 31.01.2013