Accord emploi : FO compte intervenir auprès du Parlement

, par Michel DECAYEUX

Les Echos | 14/01 | 14:59

Le bureau confédéral de Force ouvrière a décidé ce lundi « à l’unanimité » de ne pas signer l’accord sur la sécurisation de l’emploi trouvé vendredi, qu’il juge « profondément déséquilibré » au détriment des salariés

Les négociateurs de FO avaient fait état de leur avis négatif sur l’accord de sécurisation de l’emploi trouvé vendredi . Ce lundi le bureau confédéral confirme cette position. La direction de Force ouvrière a en effet décidé à l’unanimité de ne pas signer l’accord. « Au nom du principe dangereux selon lequel il faut d’abord pouvoir licencier pour pouvoir embaucher, ce projet d’accord est profondément déséquilibré », estime dans un communiqué le bureau confédéral de Force ouvrière.

« Le dossier n’est pas clos », prévient toutefois FO qui entend « informer largement les salariés du contenu de ce projet et entend intervenir auprès du gouvernement et du Parlement pour faire valoir ses positions ». Des dispositifs « partiels, aléatoires, d’application tardive » « Nombre de dispositifs annoncés comme positifs pour les salariés sont partiels, aléatoires, d’application tardive ou pouvant déjà être contournés dans le cadre de ce projet », estime la direction de FO. En revanche, « en termes de flexibilité » le projet « constitue une remise en cause importante des droits des salariés ». « Il en est de même pour la sécurisation judiciaire des employeurs au détriment des salariés », estime la centrale de Jean-Claude Mailly.

Pour FO, « le projet d’accord inscrit le social comme variable d’ajustement d’une politique économique de rigueur tant au plan national qu’européen ». La lutte contre le chômage, estime-t-elle, « doit prioritairement passer par une politique économique ambitieuse, source de croissance économique par la consommation, l’investissement public et privé, la stratégie industrielle ».

La CFDT, la CFTC et la CFE-CGC devraient ratifier cet accord dont le gouvernement s’est engagé à transmettre « fidèlement » au Parlement les dispositions qui doivent faire un article de loi. La CGT, qui elle aussi refuse ce texte, a d’ores et déjà appelé les salariés à « rester mobilisés ». « Il faut que les responsables politiques prennent leurs responsabilités, c’est-à-dire choisissent entre davantage de précarité ou au contraire plus de sécurité de l’emploi. A priori ce gouvernement a été élu pour plus de sécurité de l’emploi », a déclaré jeudi dernier Bernard Thibault, son secrétaire général.