PICARDIE La Région peine à trouver des apprentis

, par Michel DECAYEUX

Lundi 24 Décembre 2012 le Courrier Picard

L’objectif était ambitieux : former à terme 18000 apprentis dans les CFA de la région. Il était apparemment inatteignable. Lors du récent débat d’orientation budgétaire, la droite, par la voix de son leader Christophe Coulon, a regretté que la Région plafonne à 12000 apprentis. Et demandé dans la foulée que la collectivité mette en place des aides destinées à inciter les chefs d’entreprises à recruter davantage de jeunes qui souhaitent suivre une formation en alternance.

Pas si simple, si l’on en croit la majorité rose-rouge-verte. Claude Gewerc, le président socialiste du conseil régional, a ainsi évoqué le centre d’apprentissage ouvert par l’UIMM (organisation professionnelle de la métallurgie) à Compiègne. Un très bel outil qui est aussi loin d’afficher complet. « Parce que les chefs d’entreprises ne veulent pas s’engager », explique Claude Gewerc. Ce que confirme Sylvie Hubert, vice-présidente chargée de la formation professionnelle : « Les bacs pros durent trois ans. Nombre de chefs d’entreprises disent qu’ils n’ont pas suffisamment de visibilité. Le fait de rajouter des aides régionales ne serait absolument pas déterminant dans l’embauche ou non d’un apprenti... »

De fait on ne compte plus les jeunes qui sont contraints de renoncer à leur formation, faute d’avoir trouvé une entreprise.

1 000 € d’aide par apprenti

Ce constat n’a pas empêché la Région de voter un crédit de 200000 € destinés à couvrir sur les premiers mois de l’année 2013 - en attendant le vote du budget- les primes aux employeurs qui accueillent des apprentis.

Rappelons qu’en Picardie, les entreprises qui jouent le jeu de l’apprentissage perçoivent une indemnité de1000 € par année de cycle de formation et par apprenti. Ils bénéficient en outre, d’une éventuelle majoration de1000 € par année de cycle de formation pour l’embauche d’une jeune femme sur un métier réputé masculin, et vice-versa.

Quant au débat de fond sur l’incapacité à remplir les objectifs du COM (contrat d’objectif et de moyens qui associe l’État et la Région), le président l’a renvoyé à une échéance ultérieure. Lorsque l’acte III de la décentralisation, attendu pour le printemps, aura fixé le nouveau cadre d’intervention de la Région en matière d’apprentissage.