Beauvais:Le sort des brosses à dents Duopole toujours incertain

, par Michel DECAYEUX

Le Parisien le 24 octobre 2012

Il va encore falloir attendre jusqu’au 9 novembre ?! » 16 h 30, hier, devant le tribunal de commerce de Beauvais. la déception et la lassitude se lisent sur les visages de la trentaine de salariés de l’entreprise beauvaisienne Duopole (ex-la Brosse et Dupont). Alors que le dernier fabricant de brosses à dents français, soumis à la rude concurrence des pays à bas coûts salariaux. est en redressement judiciaire depuis près d’un an, ils espéraient être, enfin, fixés sur leur avenir et celui de l’entreprise. Rappelons qu’après la suppression de 63 postes à la fin 201 1, dont 59 licenciements, 70 personnes continuent à fabriquer les brosses à dents made in France, dans l’usine de la rue du Pontd’Arcole.

En attendant, faire patienter les clients

Au terme de cette énième audience devant le tribunal de commerce, seules ont été décidées la poursuite de la période de redressement judiciaire pour trois mois et la fixation d’un nouveau rendez-vous au 9 novembre prochain, qui pourrait être décisif celui-là Il s’agira en effet pour les juges de statuer sur l’unique projet de réponse, à ce jour, de Duopole. C’est celui présenté par le directeur industriel actuel du site, Olivier Remoissonnet -

. Un projet qui permettrait de sauvegarder l’activité mais qui laisserait sur le carreau plus de la moitié des effectifs. Olivier Remoissonnet n’envisagerait en effet de conserver que 26 des 70 salariés encore en poste. Un chiffre qui a semé la consternation parmi ceux qui étaient présents, hier, devant le tribunal de commerce.« Y’a qu’à fermer directement l’usine ! ) lâche fataliste, une salariée.« C’est bien pour ceux qui vont rester mais pour les autres, ça va être une catastrophe ! » craint une collègue. « Vous avez vu le marché de l’emploi à Beauvais ? > Mais beaucoup veulent s’accrocher à ce projet de reprise comme le dernier espoir. « On est obligés d’y croire) , résume un technicien, « 54 ans dont 3 7 ans de boîte ». le comité d’entreprise se réunira mardi pour donner son avis avant que le tribunal de commerce ne tranche.

En attendant, Duopole doit aussi faire patienter des clients, qui s’interrogent sur l’issue de la procédure de redressement, et garder leur confiance. Certains, comme le groupe pharmaceutique Pierre Fabre, qui représentait plus de SO % de l’activité de l’entreprise beauvaisienne, ont déjà commencé à passer des commandes ailleurs.