Aisne ROZET-SAINT-ALBIN Usine Andros : toujours pas de repreneur

, par Michel DECAYEUX

le mardi 23 octobre 2012 L’Union

L’usine du groupe Andros, située dans le sud de l’Aisne, fermera l’année prochaine. À quelle sauce vont être « mangés » les 93 salariés ?

Pour la première fois de son histoire, le groupe Andros va fermer l’un de ses sites industriels. Et ça tombe dans le Sud de l’Aisne, à Rozet-Saint-Albin (canton de Neuilly-Saint-Front). Quatre-vingt-treize salariés sont concernés. Que leur réserve l’avenir ? Hier, les représentants des salariés, les élus du secteur et les représentants de l’État ont pu échanger avec un représentant de la direction du groupe. Explication en cinq points.

Les raisons d’une fermeture. L’usine Pomly de Rozet-Saint-Albin est passée sous le giron du groupe Andros en 2004, après un redressement judiciaire. Elle produit principalement des yaourts dits « ultra-frais ». Ils sont commercialisés sous des marques distributeurs ou Mamie Nova. Un marché qui a pris une grosse « claque » ces deux dernières années. « En deux ans le marché s’est retourné. Plus clairement, le « gâteau » compte aujourd’hui douze parts, et nous sommes quatorze… », explique la DRH du groupe Andros.

Le calendrier. Fin juin, la mort du site sud-axonais a été annoncée. Le pôle Lait du groupe était en surcapacité de production. Depuis mi-septembre, le projet de plan de sauvegarde de l’emploi est en négociation. Une réunion entre la direction et les élus du personnel a lieu ce mardi. Une prochaine est programmée mi-novembre. Quant à l’arrêt de la production sur place, il est programmé durant le premier semestre 2013, entre mars et juin.

Les conditions de départ. Deux solutions sont offertes pour le moment aux 93 salariés de Pomly : le reclassement « externe » ou la mutation au sein d’une autre usine du groupe. Concernant la première option, douze personnes auront normalement trouvé un nouvel emploi, dans l’Aisne ou dans un département limitrophe. C’est la DRH du groupe qui pilote ces « mouvements », en contactant directement d’autres employeurs situés dans les environs.

Pour d’autres, l’option sera de quitter le secteur pour une autre implantation française. « Deux cents postes sont proposés en interne, avec des mesures très incitatives », indique la DRH. Le montant des indemnités n’a pour le moment pas été communiqué. Les représentants du personnel insistent sur un dernier point : « Beaucoup d’autres salariés ne sont pas mobiles. Pour que personne ne reste sur le carreau, il faudra maintenir une activité sur place. », commente le délégué CGT Patrick Rouyer.

Des mesures déjà en place. Depuis le début de l’été, des « outils » sont à disposition des salariés pour préparer leur avenir. Un « point information conseil » a été installé dans l’usine, afin de renseigner chacun sur les postes à pourvoir dans le secteur. En outre, une psychologue est présente une journée par semaine à Rozet-Saint-Albin pour recevoir ceux qui ne tiendrait pas le « choc ».

L’avenir du site. C’est pour le moment la grande inconnue. Néanmoins, d’après la DRH, le P-DG du groupe Andros s’occupe lui-même d’analyser les offres de reprises pour le site sud-axonais. L’usine serait plutôt destinée à accueillir une activité agroalimentaire. Actuellement les projets sont étudiés. Dans le cas où aucun entrepreneur ne se manifesterait dans les années à venir, le site serait dépollué, puis démoli.