Le chômage met le moral des cadres en berne

, par Michel DECAYEUX

03/09/2012 Le Figaro

Le Baro-éco de Viavoice pour HEC, Le Figaro et France Inter marque la fin de l’embellie observée avant l’été et un regain d’inquiétude sur l’avenir.

L’été a été fatal au moral des cadres. Alors qu’une lente amélioration de leur optimisme était perceptible pendant trois mois consécutifs, la rentrée sonne le glas de leurs espoirs. L’indicateur synthétique du Baro-éco chute en effet à -43, soit un repli de quatre points sur deux mois. « En 2011, les cadres ont subi une douche froide avec la crise de la dette et, cet été, ils en subissent une seconde avec la crise de l’emploi », constate François Miquet-Marty, président de Viavoice. Selon lui, cette dégradation s’explique pour l’essentiel par la détérioration sur le front de l’emploi, avec la cohorte des plans sociaux annoncés au cours des dernières semaines (PSA, Air France, Unilever-Fralib) et la montée inexorable du chômage. Motivés malgré tout En la matière, les cadres

ne voient aucune lueur d’espoir et ils estiment à 80 % que « dans les mois qui viennent, le nombre de chômeurs en France augmentera ». C’est un score largement plus élevé que celui affiché en juin (+ 17 points). Les derniers chiffres publiés la semaine dernière par Pôle emploi (+ 41.300 demandeurs d’emploi en juillet et quinze mois de hausse consécutifs) accusent une hausse qui risque bel et bien de les conforter dans leur pessimisme. Ils sont d’ailleurs 28 % à estimer que le chômage augmentera « nettement » dans les prochains mois.

Cet environnement plus qu’incertain pèse aussi sur leur vision du niveau de vie en France : 60 % des cadres anticipent désormais une dégradation, contre 49 % avant l’été. Ils restent en revanche toujours plus sereins sur leurs perspectives personnelles et soulignent - fait nouveau - une remontée de la motivation de leurs collaborateurs. Ils sont désormais 42 % à partager ce point de vue (+ 6 points).

Pour sortir du pessimisme économique, les cadres français ne misent pas vraiment sur le traité budgétaire européen. Mal connu et assez éloigné de leurs préoccupations, ce dernier ne recueille qu’un soutien fragile de leur part (51 %). « Très clairement, il s’agit aujourd’hui d’un objet non approprié par une partie de l’opinion publique, note François Miquet-Marty. Le taux élevé de non-réponses des cadres à la question de leur soutien à ce traité (28 %) en est d’ailleurs la preuve. Auprès des cadres, le traité budgétaire européen ne s’impose pas comme une évidence d’opinion.

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