Peillon affiche sa détermination à changer l’école

, par Michel DECAYEUX

30/08 les échos

Le ministre de l’Education a insisté sur les premiers changements engagés dès cette rentrée à l’école, « priorité du quinquennat ». Et a pris soin de lier les moyens supplémentaires à la mise en place de réformes profondes.

Tout faire pour montrer que la « rupture » est engagée à l’école dès cette rentrée. Que les premières mesures ne sont que les prémices de réformes majeures pour 2013. Assurer aussi que les moyens supplémentaires à la disposition de « la priorité du quinquennat » sont au service du changement du système éducatif. C’est l’exercice auquel s’est livré hier le ministre de l’Education, Vincent Peillon, lors de sa conférence de presse de rentrée. « C’est la première rentrée du changement », a-t-il martelé, s’efforçant de mettre en exergue les mesures prises depuis mai. Et d’abord les moyens, avec les postes supplémentaires pour cette rentrée inscrits au collectif budgétaire cet été - « plus qu’une inflexion, une rupture » a lancé Vincent Peillon -, puis, dans la future loi de Finances, le remplacement intégral des départs à la retraite avec l’ouverture de 22.000 postes aux concours externes des professeurs. Sans compter les créations de postes dont une bonne part iront à la formation des enseignants puisque Vincent Peillon a confirmé hier le retour d’une année de stage. Mais, a-t-il souligné, « la refondation de l’école, ce n’est pas que des moyens mais des objectifs pédagogiques ». Et de décliner les nouvelles orientations de la rentrée en la matière avec un meilleur taux d’accueil des moins de trois ans en maternelle, une formation transitoire pour les enseignants stagiaires et l’amorce - encore symbolique -d’une réforme des rythmes scolaires avec l’allongement des vacances de la Toussaint. Vincent Peillon a aussi qualifié les 18.000 emplois d’avenir réservés aux étudiants en licence se destinant au métier d’enseignant, de « pilier » de la réforme de la formation et de la lutte contre la crise des recrutements.

Une « révolution copernicienne » Reste que l’essentiel des changements est attendu à l’issue de la concertation engagée en juillet qui aboutira à une loi d’orientation et de programmation en novembre au Parlement. Avant des négociations avec les partenaires pour décliner concrètement la loi. Et engager les réformes à partir de 2013 « et sur tout le quinquennat ». Contre le « scepticisme », Vincent Peillon a réaffirmé, sur un sujet qui fait débat, vouloir « une réforme profonde du temps scolaire et du temps éducatif », avec « à la rentrée 2013 », une semaine de quatre jours et demi en primaire, une « extension » de l’année scolaire et - point crucial de discussion avec les collectivités -une autre organisation de la journée. Il a aussi confirmé la mise en place en 2013 des écoles supérieures du professorat et de l’éducation pour la formation des enseignants, « de la maternelle à l’université ». Une vraie gageure.

Il appelle à une « révolution copernicienne » du premier degré, la « priorité des priorités » de François Hollande, dans lequel la France investit, jusqu’à présent, « moins que les autres pays » alors qu’elle investit « plus au lycée ». Le ministre lie cette « révolution » à une meilleure articulation entre le premier degré et le collège, ce qui implique notamment de « revoir les programmes » et de repenser « le livret de compétences » lancé avec la loi d’orientation Fillon de 2005 sur « le socle commun » qui définit le bagage indispensable à acquérir pour les élèves. « Je ne reviendrai pas sur cette avancée », a-t-il prévenu alors que le « socle commun » divise les syndicats. Nouveauté dans un discours à gauche, Vincent Peillon a aussi affirmé vouloir travailler avec les entreprises pour mieux adapter les formations technologiques et professionnelles à leurs besoins. Autant de chantiers complexes sur lesquels les frictions ne manqueront pas au moment des négociations. Sur les modalités précises de la formation, les rythmes - d’autant que les syndicats veulent une contrepartie salariale -, les missions... Vincent Peillon dit vouloir « associer l’ensemble de la nation » à ses réformes. Et impliquer tout le gouvernement. Après le Premier ministre demain et mardi, le chef de l’Etat lundi, il emmènera 22 des ministres sur le terrain faire la pédagogie des réformes. Sans lesquelles les moyens supplémentaires ne seront qu’un coup d’épée dans l’eau.

Ailleurs en Europe, écoliers et lycéens travaillent souvent plus et souvent mieux. Exemples à suivre ?