Oise, Profs non remplacés : le chiffre alarmant

, par Michel DECAYEUX

30.08.2012 Le Parisien

Quel parent n’a pas vécu l’expérience désagréable de l’absence inopinée d’un professeur ? Faire garder le ou les enfants d’urgence, s’arranger avec son travail… Cette situation fait presque partie de l’apprentissage de la parentalité. Sauf quand elle se répète trop souvent, comme dans l’Oise

A la demande de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), l’inspection académique a fourni un tableau qui compile, pour le département, l’ensemble de jours de classes non remplacés dans le 1er degré. La somme de ces jours atteint 4638, pour 86000 élèves. La FCPE a fait le calcul, à raison de 140 jours de classe par an : « C’est l’équivalent de la fermeture de 30 classes pendant une année, soit 7 écoles. » Et la situation va en s’aggravant : par rapport à l’année scolaire précédente, ce nombre a augmenté de 600.

Nathalie Vilacèque, adjointe de la directrice académique, chargée du 1er degré, donne son analyse de la situation : « La population des professeurs du 1er degré se féminise. Cette année, sur 74 professeurs stagiaires, seuls 8 sont des hommes. Les départs en congé maternité créent des besoins. » Cela n’explique pourtant pas pourquoi il n’y a personne pour les remplacer.

Des renforts à la rentrée

Le personnel de l’Education nationale dans l’Oise qui assure les relèves est divisé en deux groupes : les professeurs ZIL (zones d’interventions limitées), au nombre de 183, sont chargés sur un espace délimité d’assurer des remplacements courts (maximum un mois) ; les professeurs de la BDM (brigade départementale de maladie et de maternité), au nombre de 147, sont, eux, dévolus aux remplacements longs dans tout le département. Le problème, c’est que quand il manque de BDM, les ZIL prennent le relais : les absences courtes ne sont alors plus prises en charge.

Depuis trois ans, le nombre de ZIL n’a pas augmenté. De son côté, la BDM a obtenu un renfort de 5 professeurs la rentrée 2011, après un an de stagnation. Pour la rentrée 2012, en vertu du plan d’urgence de Vincent Peillon, 8 nouveaux BDM arrivent ainsi que 4 postes à temps plein, ce qui paraît insuffisant pour répondre à la demande. Nathalie Vilacèque botte en touche : « On ne peut pas augmenter le nombre de remplaçants comme cela. Le pic de jours de classes non remplacés tombe toujours en hiver. Que fait-on des profs remplaçants qui seraient en trop le reste de l’année ? Il faut trouver un équilibre. »

En attendant, les disparités territoriales sont criantes. Le découpage du département en circonscriptions se fait, dans la mesure du possible, en respectant le même nombre d’élèves et de professeurs (environ 300 par circonscription). Parmi toutes les circonscriptions de l’Oise, c’est le Bassin creillois le plus touché. Nogent-sur-Oise détient la palme, avec 607 jours de classes non remplacées, suivi par Noyon (462), Méru (404), Creil (402) et Senlis (363).