<Font color=navy>Ces postes impossibles à pourvoir

, par Michel DECAYEUX

le 30.07.2012 Le Parisen

En cette période de crise et d’augmentation du nombre de chômeurs, des entreprises ne parviennent toutefois pas à embaucher faute de candidats. Explications.

On appelle ça des métiers en tension. Dans l’Oise, à la fin juin, on dénombrait 57550 demandeurs d’emploi. Pourtant, des centaines de postes restent chaque mois non pourvus, faute de candidats. Un véritable paradoxe. Les raisons sont multiples, mais les besoins bien réels. La problématique est d’autant plus difficile à appréhender pour les spécialistes que les besoins varient en fonction des territoires. Tour d’horizon*.

De gros besoins industriels dans le Beauvaisis. Dans les vitrines des agences d’intérim, les mêmes affichettes : on recherche des tourneurs, des fraiseurs et des régleurs sur machine. Plusieurs usines ont fermé dans le Beauvaisis, mais les besoins de l’industrie y restent très importants. Le BTP peine aussi à recruter des peintres en bâtiment, des maçons. Les attachés commerciaux, aussi, sont rares.

Le Clermontois manque de soignants. La pénurie est nationale. Les centres hospitaliers de Clermont et de Fitz-James, le Clermontois en souffrent particulièrement : il manque ainsi des infirmières et des aides-soignants. Autre métier — et secteur d’activité — touché, celui de carrossier.

Restauration et logistique recrutent à Senlis-Creil. L’activité liée à l’autoroute A 1 fait que les besoins sont criants en agents logistiques. Comme partout, la restauration pâtit de sa mauvaise image. Les techniciens de maintenance industrielle sont en outre très recherchés.

Le Compiégnois cherche des agents de sécurité et des magasiniers. Les entrepôts, nombreux le long de l’autoroute, manquent d’agents de sécurité, de magasiniers et d’employés de manutention. L’aide à domicile recrute beaucoup.

* Source : Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi de Picardie (Dirrecte).

Isagri ne trouve pas d’informaticiens

Avec une croissance annuelle à deux chiffres depuis sa création il y a vingt-cinq ans, Isagri recrute à tour de bras. Fleuron de l’informatique agricole avec 25% du marché et 1350 salariés dans 8 pays, l’entreprise beauvaisienne compte embaucher 250 nouvelles personnes d’ici à 2016, au rythme infernal de 50 CDI par an. « Nous recrutons des bac + 2 à bac + 6

Mais nous rencontrons de vraies difficultés à attirer et à fidéliser dans l’Oise les cerveaux dont nous avons besoin », constate Jean-Marie Savalle, PDG et fondateurs d’Isagri. Trois profils sont recherchés : des ingénieurs agricoles, des personnes diplômées en comptabilité, gestion ou informatique, et surtout des développeurs informatiques. « La pénurie est multifactorielle, analyse Olivier Claux, le DRH du groupe. Il manque environ 30000 informaticiens en France. Chaque candidat a le choix entre 8, 10 ou 12 propositions. Notre position géographique nous dessert un peu : la région parisienne propose des salaires plus attractifs et la situation familiale, notamment le fait de vivre en couple entre en jeu, car il faut aussi que le conjoint trouve du travail sur place. »

Dix-huit ingénieurs en cours de reconversion

Appelé à la rescousse par Isagri, Pôle emploi a décidé de mettre en place une formation spécifique qui reconvertira des bac + 5 sans emploi aux métiers de développeur informatique et conseiller logiciel. « Cela intéresse par exemple des ingénieurs en chimie ou en biologie appliquée, des filières sans débouchés actuellement. Sur 19 personnes à qui nous l’avons proposée, 18 ont accepté de suivre cette formation de 400 heures », confie Pascal Jacobée, directeur du Pôle emploi de Beauvais. Ils seront embauchables en octobre.

Commentaire : Et pourtant ils ne font pas comme le préconisent certains DRH, faire jouer les candidats éventuels au "pocker-emploi " !