Fonction publique : les syndicats craignent une « resucée de la période Sarkozy »

, par Michel DECAYEUX

29 juin 2012 Libération

Pour compenser la création de 65 000 nouveaux postes dans la fonction publique, les effectifs baisseront de 2,5 % par an dans les ministères non-prioritaires. Une annonce qui inquiète les syndicats, tant sur la méthode que sur le fond.

L’annonce par le gouvernement Ayrault de la poursuite – voire du durcissement – du principe du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans les ministères non prioritaires inquiète. Pour les organisations syndicales de la Fonction publique, cela rappelle la politique menée lors du quiquennat Sarkozy. Et si elles reconnaissent que le candidat Hollande avait été clair sur le sujet durant sa campagne, elles regrettent la brutalité de la méthode. Réactions.

La fonction publique est déjà à l’os » Christian Grolier, secrétaire général de FO Fonctionnaires

« C’est d’abord une vraie déception sur la méthode. Déjà parce qu’on attendait la conférence sociale des 9 et 10 juillet, lors de laquelle était prévue une table ronde sur les missions de service public. Elle est d’ores et déjà remise en cause car on sait d’entrée que des ministères vont êtres ponctionnés. Ensuite, sur le fond, on a le sentiment que la RGPP [la Révision générale des politiques publiques, ndlr] ne s’arrête pas, puisqu’on passe parfois au non-remplacement de deux fonctionnaires sur trois partant à la retraite, voire deux sur deux dans certains services. Or, on estime que la fonction publique est déjà à l’os. On ne connaît pas de services en sureffectif.

Il y a bien entendu des rumeurs qui laissent entrevoir de grosses difficultés pour certains ministères, comme la Défense, l’Ecologie, ou encore le ministère des Finances. Mais même dans les ministères dits « prioritaires » [la Justice, l’Intérieur et l’Education, ndlr], il y a de l’inquiétude. On sait que les créations de postes à l’Intérieur vont s’autoréguler en interne. Autrement dit, on va supprimer des postes en préfecture pour mettre plus de policiers sur le terrain. On craint une RGPP puissance dix dans certains services. On ne pensait pas que le PS allait reproduire le dogmatisme qu’il avait si souvent dénoncé à propos du gouvernement précédent. »