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06 Février 2010 courrier Picard
« L’inspection du travail ne fait que commencer », précise la CGT. « Les conclusions de son enquête ne seront connues que fin février », confirme FO. Dans notre édition du 25 janvier, nous indiquions qu’une investigation a débuté au sein de plusieurs agences de Pôle Emploi d’Amiens et de Montdidier.
Tout de suite, « l’absence de procès-verbal » constatée par la direction n’avait pas manqué d’étonner les organisations syndicales. La CFDT allait même jusqu’à comparer la situation de Pôle Emploi « à celle de France Télécom. »
Depuis la fusion de l’ANPE et de l’Assedic, « les conditions de travail se sont dégradées », prolonge Force ouvrière, qui parle de « désorganisation des services et de formation au rabais » des personnels (1 200 en Picardie).
Traduction concrète : « La direction veut faire croire que la fusion rend service aux usagers par la mise en place du "conseiller personnel" capable de répondre aux questions de placement et de l’indemnisation. Mais en réalité, aucun agent n’est en mesure de remplir ce rôle. » Résultat, le syndicat constate une montée des tensions aux guichets. « Dans une agence de Creil l’automne dernier, un agent a été agressé », le note aussi Franck Lelong, délégué CGT.
Plus grave encore, alors que cinq tentatives de suicides ont été enregistrées rien qu’en décembre en France chez Pôle Emploi, le secteur de Saint-Quentin (Aisne) a connu un nouveau drame. Après un premier suicide en mars 2009, un autre agent s’est donné la mort pendant la période de Noël.
« Ce collègue était en souffrance au travail. Une plainte a été déposée par sa famille », indique la CGT, tandis que SUD déplore un manque d’écoute de la direction locale quant à la situation de cet agent par ailleurs travailleur handicapé. Le syndicat réclame donc aujourd’hui au CHSCT l’ouverture « d’une enquête » ainsi qu’un « suivi psychologique réel pour les collègues ».
Globalement, « c’est l’omerta du côté de la direction », regrette la CGT. « À son niveau, il est de bon ton de ne communiquer que sur les aspects positifs de la fusion », déplore tout autant FO. D’ailleurs sollicitée pour répondre à nos questions, la direction régionale n’a pas souhaité « se livrer à un débat public avec les syndicats ». Tout au plus concède-t-elle que « toutes les restructurations ne sont jamais simples ». « Nous sommes devenus un enjeu politique et électoral, pour faire de nous une belle vitrine », conclut la CGT. « Cette fusion a été conçue dans une période de baisse du chômage et de retour au plein emploi en 2012 », ajoute FO. Or, avec un taux de 11 % en Picardie (le 3 e plus fort au niveau national), « plus personne ne croit à ce schéma ».