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Le courrier Picard 11 Mars 2010
Un barrage filtrant a été installé, mercredi dès 9 heures, par les grévistes, à l’entrée de l’usine achetée en 2008 par le groupe L’Oréal. Un mouvement suivi par 80 % du personnel selon la CGT, « à peine 20 % » d’après la direction.
Une partie des salariés de la fabrique de parfums ont cessé le travail mercredi, six jours après un premier débrayage. La CGT exige la hausse des salaires, la CFDT celle des primes.
Ils prévoyaient un débrayage d’une journée comme la semaine dernière, les salariés d’Yves Saint Laurent sont finalement entrés dans un mouvement de grève reconductible, mercredi matin. Barrage filtrant à l’entrée de l’usine, palettes en feu et colère sur toutes les lèvres : l’entrée des fournisseurs de la fabrique de parfums multimarques du groupe L’Oréal s’est parée de rouge, dès 9 heures du matin.
« Nous sommes 80 % à respecter le mouvement », se satisfaisait une élue CGT - le syndicat le plus représenté parmi les 738 employés -, en souriant à l’évocation du chiffre d’« à peine 20 % de grévistes » annoncé par la direction : « Tout a été fait pour mettre des gens en RTT ce jour-là... »
Les revendications, elle, n’ont pas bougé d’un iota : si la CFDT maintient son exigence de primes d’intéressement « à la hauteur de celles des autres sites du groupe » dixit Denis Giverdon, délégué du personnel, la CGT, elle, fait d’une hausse générale des salaires son principal combat.
Les revendications, fin février, qui s’élevaient à 6 %, précise Manuel Blanco, élu CGTiste. Pour l’instant, nous n’avons eu aucune proposition. » L’une de ses justifications : « On travaille dans un capharnaüm total ». Le syndicaliste fait ainsi allusion à une première conséquence de l’achat du site par L’Oréal, en juillet 2008 : l’arrivée de machines espagnoles. « On a cassé notre usine et poussé les personnes à changer de métier, sans véritable plan de formation. Je n’ai jamais vu autant de collègues en train de pleurer au travail, ou en dépression », témoigne une employée au service de conditionnement, aux 10 ans d’ancienneté.
Le groupe a réagi par la voix de sa responsable de la communication, dans l’après-midi ; pour lui, pas question d’aller au-delà des augmentations de salaires prévues : « En comptant les hausses individuelles, la masse salariale sur l’usine sera en hausse de 3,6 %, en 2010, dont 1,2 % d’augmentation générale, pour tous, plaide la direction de L’Oréal. L’an passé, déjà, la masse avait progressé de 4,1 % à Lassigny. Des avantages ont été améliorés, comme la prime d’ancienneté. »
Après avoir été reçus mercredi soir, les représentants du personnel annonçaient la poursuite du mouvement.