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CLAIROIX (60) Continental en discussion avec l’État

Le courrier Picard 11 Mars 2010

L’équipementier allemand a six mois pour trouver un accord concernant la reconversion de l’usine de pneus fermée.

La Région réclame une somme « réinjectable dans le bassin d’emploi auquel le groupe a causé un préjudice ». Hier, petite ville de 1 120 personnes. Aujourd’hui, gigantesque friche sur les berges de l’Oise. Que va devenir l’usine de pneus de Clairoix, l’un des plus gros sites industriels picards aujourd’hui fermé ? Un an après avoir annoncé la disparition des 1 120 emplois, l’équipementier allemand Continental vient à peine d’ouvrir les négociations avec l’État, concernant la revitalisation de la friche. I l a six mois pour conclure un accord sur l’avenir de l’usine, dont les machines sont en cours de démontage. L’équipementier prévoit d’en « réutiliser 70 % » mais reste très discret sur le devenir du site dont il est propriétaire. En annonçant la fermeture, en mars 2009, Bernhard Trilken, PDG du groupe Monde, promettait pour le site « des projets dans le domaine de la logistique, du e-business, des transports verts ». Mais ses déclarations n’ont jamais dépassé le stade de vagues promesses, au grand dam des élus locaux pressés de panser les plaies causées par un tel séisme social.

En début d’année, le sénateur-maire UMP Philippe Marini s’est même publiquement agacé « du retard » pris dans la reconversion de « cette cathédrale industrielle. Si nous avions signé une convention de revitalisation, nous aurions pu faire plus vite ». La Région, elle, a carrément interrogé l’équipementier allemand. En vain. « Nous n’avons pas eu de réponse, souligne-t-on à la Mission d’intervention économique et sociale. Mais il faudra bien que le propriétaire nous dise ce qu’il veut faire du site ». « Plusieurs pistes non officielles à l’étude »

Pourquoi tant de pudeurs de la part de l’équipementier allemand ? Peut-être parce que l’enjeu financier des discussions avec l’État est important. La Région n’y va pas par quatre chemins. Elle réclame déjà « une somme qui pourra être réinjectée dans le bassin d’emploi auquel Continental va causer un préjudice ». S’il souhaite vendre le site, l’équipementier devra aussi en financer la dépollution.

En mai dernier, l’expert mandaté par le comité central d’établissement, le cabinet SECAFI, jugeait « l’estimation des coûts de restructuration, faite par Continental, particulièrement optimiste ». Aucun coût de dépollution n’avait été pris en compte par le géant du pneu. « On retrouve pourtant d’importantes pollutions des sols, sous les ateliers mélanges, dans les industries du pneumatique, faisait valoir l’expert. Les inondations de 1993 et 1995 ont sans doute disséminé les polluants sur l’ensemble du site. »

Dix mois plus tard, l’équipementier, avare de détails, annonce travailler sur le sujet avec la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « Plusieurs pistes de reconversion » du site seraient en effet « à l’étude », croit savoir le maire de Clairoix, Laurent Portebois, qui garde une prudence de Sioux. « Rien d’officiel. Cela évolue lentement. On ne peut pas se permettre des effets d’annonce dans la conjoncture actuelle. »





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